BlogCafé: Audimat et presse en ligne : dérive ou bonne idée ?
Ollie
· 3 years ago
C'est évident: la presse se cherche dans ce fatras. Papier ou internet, nouvelles courtes ou articles fouillés, neutralité ou prise de position, textes ou podcasts ou vidéos, sites ou blogs, journalisme professionnel ou journalisme participatif, lectorat jeune ou moins jeune, etc. Il y a de quoi en perdre le nord.
Une sorte de menace imaginaire planne sur la presse et donne cette impression que celui qui ne sait pas tout faire ce que tu mentionnes dans ton billet, perd du terrain face à la concurrence, ou va même à sa perte. Mais en fait, à force de vouloir tout faire, on ne fait plus rien de bien. Surtout ce qu'on faisait bien auparavant! De plus, faire un petit peu de tout n'apporte plus de véritable valeur ajoutée finalement.
Ceux qui orientent leur stratégie sur une pure analyse chiffrée du lectorat ne survivront qu'à court terme.
En réalité, les différents types de contenu (actualités, information, investigation, réflexion, people, etc,) vont "s'éclater" encore plus pour constituer une sorte de patchwork planétaire dans lequel le consommateur viendra puiser des bribes de contenu, utilisant plusieurs sources, selon ses préférences. Le modèle du journal unique et généraliste dans lequel on trouvait un peu de tout arrive en bout de course.
Le phénomène est accentué par la transformation progressive du consommateur en consomm-acteur. C'est-à-dire que l'information n'existe plus seulement par elle-même mais également par les échanges et les interactions entre fournisseurs et lecteurs.
En parallèle des fournisseurs de contenu, la vague des services d'agrégation et les moteurs de recherche vont continuer de se développer. C'est sur eux que le consommateur s'appuiera pour "faire son marché" dans le souk mondial de l'information. Ici aussi, ces services vont se spécialiser et filtrer le contenu selon les thèmes et les évaluations des lecteurs.
Je ne suis pas encore certain de ce que peut donner la promotion du contenu par la communauté elle-même. L'avantage par rapport à l'audimat-TV est certainment le caractère illimité voire infini de l'offre, par rapport au média TV. En théorie, le contenu présentant la plus grande valeur devrait sortir du lot, mais je n'en suis pas encore sûr.
Le plus grand différenciateur de l'Internet est de faire naître et vivre non pas seulement une communauté majoritaire, mais une infinité de communautés. Elles ont des besoins, des objectifs, des critères différents, mais peuvent tout à fait coéxister.
Toutes peuvent coéxister mais, évidemment, la question du "business model" sur Internet, pour la presse aussi, reste encore et toujours la grande question, sans véritable réponse. La plupart des publications qui se lancent dans des activités en ligne gratuites, le font pour le moment à perte, sans trop savoir où elles vont, surtout pour ne pas manquer le wagon.
Lyonel Kaufmann
· 3 years ago
Super cadeau que ton commentaire Ollie. Merci ! Je prends un peu de temps avant de poursuivre l'échange.
Lyonel Kaufmann
· 3 years ago
Ca y est, je reviens sur le commentaire d'Ollie. Probablement en plusieurs fois ! Plus que les médias, ce sont les journalistes qui se cherchent, car les médias se concentrent et développent une logique de plus en plus industrielle et de nature tayloriste. Sans grande réaction des journalistes qui deviennent de plus en plus des OS (ouvrier spécialisé) et de moins en moins des créateurs de contenus informationnels. Par ailleurs, dans l'incertitude, les groupes de presse tentent probalement de tout faire un peu. Pour l'instant, il s'agit pour eux de ne pas prendre trop de risques; tout faire, c'est ne pas risquer de passer à côté de la poule aux oeufs d'or. Les oeufs cassés ? Les journalistes dans cette histoire. Y a qu'à voir les retructurations prévues pour 24Heures. Alors que le groupe Edipress voit son bénéfice augmenter, le groupe licencie en prévision d'un risque futur qui n'est pas véritablement identifié, mais… Internet à alors bon dos plutôt que le personnel s'interroge sur le management et la politique d'entreprise. Tondus et quasi consentants. A suivre…
Ollie
· 3 years ago
En parlant de "consentant", ça me fait penser à l'un des derniers billets sur le blog anti-Nelly Wenger. On ne sait pas trop si c'est un journaliste qui écrit mais en tout cas il a l'air de dire qu'à la SSR, ça n'est pas tout rose non plus! Voici le permalien: http://nestlesuisserealnews.blogspot.com/2006/0...
Lyonel Kaufmann
· 3 years ago
Merci pour le lien Ollie, j'avais pas fait gaffe à ce billet. L'exemple de 24Heures et de la SSR peut être élargi d'ailleurs à la plupart des médias de Suisse romande. Sous des formes diverses. L'arrivée des gratuit est un autre des leviers de pression mise sur les collaborateurs.
Lyonel Kaufmann
· 3 years ago
Ollie, me voici en mesure de poursuivre (juste avant mes vacances) la suite de nos réflexions. Je reprends depuis : Le modèle du journal unique et généraliste dans lequel on trouvait un peu de tout arrive en bout de course.> et En parallèle des fournisseurs de contenu, la vague des services d’agrégation et les moteurs de recherche vont continuer de se développer.
L\'idée me séduit (peut-être devrais-je dire m\'avait). Surtout celle du consom acteur. Je constate cependant que a) une grande majorité de gens se limitera à quelques sites et ne fera pas l\'effort non négligeable qui consiste à utiliser de multiples outils pour se tenir au courant. Le modèle du futur média presse généraliste sur le web reste à trouver et à un avenir me semble-t-il. b) trop d\'informations tue l\'information dit-on aussi et je l\'ai constaté personnellement. En effet, j\'ai été très intéressé par la mise en place de la plate-forme d\'information wikio. Très séduisante avec un mélange de site médias traditionnels et de blogs. Pourtant, petit à petit le bruit et la redondance sont devenus énormes dans mon agrégateur de flux. Idem avec la nouvelle version de Libération en ligne, avant une dizaine de dépêches par jour, maintenant plus d\'une quarantaine (au moins). Parfois j\'ai l\'impression d\'être submergé. J\'ai fini par virer wikio de mon agrétateur. Je préfère quelque part sélectionner une série de blogs, éventuellement faire une recherche ensuite par moteur de recherche sur des sujets particuliers. Autrement, je suis dans l\'attente de 3 à 4 sites presses qui peuvent/pourraient me fournir un vrai travail d\'information (avec dépêches, analyse, point de vue, description fine des faits, mise en perspective, etc.), un bon vieux journal quoi, mais en ligne; peut-être un peu comme Salon pour les Etats-Unis. Je trouve bien que ce soit des vrais sites de presse qui opèrent une sélection pour moi et qui éditent le contenu allant avec. Surtout pour me faire découvrir des thèmes et sujets que je maîtrise mal ou que je ne connais pas (encore). Je ne sais pas si j\'arrive à être assez clair (la fatigue…)
Une sorte de menace imaginaire planne sur la presse et donne cette impression que celui qui ne sait pas tout faire ce que tu mentionnes dans ton billet, perd du terrain face à la concurrence, ou va même à sa perte. Mais en fait, à force de vouloir tout faire, on ne fait plus rien de bien. Surtout ce qu'on faisait bien auparavant! De plus, faire un petit peu de tout n'apporte plus de véritable valeur ajoutée finalement.
Ceux qui orientent leur stratégie sur une pure analyse chiffrée du lectorat ne survivront qu'à court terme.
En réalité, les différents types de contenu (actualités, information, investigation, réflexion, people, etc,) vont "s'éclater" encore plus pour constituer une sorte de patchwork planétaire dans lequel le consommateur viendra puiser des bribes de contenu, utilisant plusieurs sources, selon ses préférences. Le modèle du journal unique et généraliste dans lequel on trouvait un peu de tout arrive en bout de course.
Le phénomène est accentué par la transformation progressive du consommateur en consomm-acteur. C'est-à-dire que l'information n'existe plus seulement par elle-même mais également par les échanges et les interactions entre fournisseurs et lecteurs.
En parallèle des fournisseurs de contenu, la vague des services d'agrégation et les moteurs de recherche vont continuer de se développer. C'est sur eux que le consommateur s'appuiera pour "faire son marché" dans le souk mondial de l'information. Ici aussi, ces services vont se spécialiser et filtrer le contenu selon les thèmes et les évaluations des lecteurs.
Je ne suis pas encore certain de ce que peut donner la promotion du contenu par la communauté elle-même. L'avantage par rapport à l'audimat-TV est certainment le caractère illimité voire infini de l'offre, par rapport au média TV. En théorie, le contenu présentant la plus grande valeur devrait sortir du lot, mais je n'en suis pas encore sûr.
Le plus grand différenciateur de l'Internet est de faire naître et vivre non pas seulement une communauté majoritaire, mais une infinité de communautés. Elles ont des besoins, des objectifs, des critères différents, mais peuvent tout à fait coéxister.
Toutes peuvent coéxister mais, évidemment, la question du "business model" sur Internet, pour la presse aussi, reste encore et toujours la grande question, sans véritable réponse. La plupart des publications qui se lancent dans des activités en ligne gratuites, le font pour le moment à perte, sans trop savoir où elles vont, surtout pour ne pas manquer le wagon.
Je prends un peu de temps avant de poursuivre l'échange.
Plus que les médias, ce sont les journalistes qui se cherchent, car les médias se concentrent et développent une logique de plus en plus industrielle et de nature tayloriste. Sans grande réaction des journalistes qui deviennent de plus en plus des OS (ouvrier spécialisé) et de moins en moins des créateurs de contenus informationnels.
Par ailleurs, dans l'incertitude, les groupes de presse tentent probalement de tout faire un peu. Pour l'instant, il s'agit pour eux de ne pas prendre trop de risques; tout faire, c'est ne pas risquer de passer à côté de la poule aux oeufs d'or.
Les oeufs cassés ? Les journalistes dans cette histoire. Y a qu'à voir les retructurations prévues pour 24Heures. Alors que le groupe Edipress voit son bénéfice augmenter, le groupe licencie en prévision d'un risque futur qui n'est pas véritablement identifié, mais… Internet à alors bon dos plutôt que le personnel s'interroge sur le management et la politique d'entreprise.
Tondus et quasi consentants.
A suivre…
L'exemple de 24Heures et de la SSR peut être élargi d'ailleurs à la plupart des médias de Suisse romande. Sous des formes diverses.
L'arrivée des gratuit est un autre des leviers de pression mise sur les collaborateurs.
Le modèle du journal unique et généraliste dans lequel on trouvait un peu de tout arrive en bout de course.>
et
En parallèle des fournisseurs de contenu, la vague des services d’agrégation et les moteurs de recherche vont continuer de se développer.
L\'idée me séduit (peut-être devrais-je dire m\'avait). Surtout celle du consom acteur. Je constate cependant que
a) une grande majorité de gens se limitera à quelques sites et ne fera pas l\'effort non négligeable qui consiste à utiliser de multiples outils pour se tenir au courant. Le modèle du futur média presse généraliste sur le web reste à trouver et à un avenir me semble-t-il.
b) trop d\'informations tue l\'information dit-on aussi et je l\'ai constaté personnellement. En effet, j\'ai été très intéressé par la mise en place de la plate-forme d\'information wikio. Très séduisante avec un mélange de site médias traditionnels et de blogs. Pourtant, petit à petit le bruit et la redondance sont devenus énormes dans mon agrégateur de flux. Idem avec la nouvelle version de Libération en ligne, avant une dizaine de dépêches par jour, maintenant plus d\'une quarantaine (au moins).
Parfois j\'ai l\'impression d\'être submergé.
J\'ai fini par virer wikio de mon agrétateur. Je préfère quelque part sélectionner une série de blogs, éventuellement faire une recherche ensuite par moteur de recherche sur des sujets particuliers. Autrement, je suis dans l\'attente de 3 à 4 sites presses qui peuvent/pourraient me fournir un vrai travail d\'information (avec dépêches, analyse, point de vue, description fine des faits, mise en perspective, etc.), un bon vieux journal quoi, mais en ligne; peut-être un peu comme Salon pour les Etats-Unis. Je trouve bien que ce soit des vrais sites de presse qui opèrent une sélection pour moi et qui éditent le contenu allant avec. Surtout pour me faire découvrir des thèmes et sujets que je maîtrise mal ou que je ne connais pas (encore).
Je ne sais pas si j\'arrive à être assez clair (la fatigue…)